Droits de l’Homme

Bref etat des lieux de la justice transitionnelle au Mali et leviers d’actions

Depuis la sortie de la crise (officielle) au Mali, à la suite des élections générales de 2013. Le terme de justice transitionnelle s’est généralisé dans les discours politiques, de la société civile malienne et des partenaires au développement. L’enjeu de la justice transitionnelle c’est le renforcement de l’Etat de droit, la bonne gouvernance, l’accès à la justice, le droit à la réparation et le droit aux garanties de non répétition.

Mais, force est de reconnaître que le Mali n’est pas encore doté d’une réelle stratégie de mise en œuvre de la justice transitionnelle. Aussi, la lenteur dans l’instruction des dossiers des victimes de la crise, le silence et la résignation des victimes face à leur situation dû à la peur de témoigner des coupables qui jouissent d’une impunité totale, et la quasi‐inexistence de documentation des violations commises en 2012 constituent d’innombrables défis à relever.

Pourtant, la crise a donné lieu au Nord à de graves violations des droits humains par les différents groupes armés qui ont notamment pris la forme de viols, d’exécutions sommaires, d’actes de torture, d’enrôlement d’enfants, de détentions arbitraires et de destruction de monuments historiques et religieux. Des groupes armés ont invoqué la charia pour faire amputer, flageller, battre et lapider certaines personnes. Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur certaines de ces violations qui pourraient être constitutives de crimes de guerre. Des actes de représailles auraient été perpétrés par des soldats maliens à l’endroit des populations arabes, touareg et peules. Au Sud, plusieurs exactions auraient également été commises à l’encontre de bérets rouges, de policiers et de journalistes à la suite de la tentative de contrecoup d’État.