Sécurité

Le Sahel dans la crise Malienne

L’intervention militaire française au Mali depuis le 11 janvier 2013 manifestait la crainte légitime de voir des mouvements se réclamant de l’Islam radical au nord du Mali et adoubés par AQMI1 prendre le contrôle de la principale base militaire malienne à Sévaré et, plus hypothétiquement, atteindre la capitale avec le risque d’un effondrement de ce qui restait de l’Etat malien.

Cette dramatisation des enjeux par les officiels français, bien à propos pour justifier la rupture avec des mois de diplomatie publique, ne peut cependant occulter les questions que soulève une intervention, restée pendant de trop longues semaines purement militaire faisant fi des leçons politiques tirées d’autres conflits, en Afghanistan et Somalie notamment. Les buts de guerre étaient fluctuants tandis que les déclarations de victoire étaient sans cesse remises en cause: la guerre, nous disaient les officiels français, était finie alors qu’elle ne faisait que commencer et que c’était justement la crainte d’une longue guerre qui nourrissait la procrastination de nombre d’Etats voisins du Mali à intervenir. Au 1er juillet, plus de trois mille soldats français restaient sur le terrain, alors que le nombre maintes fois annoncé aurait dû être de deux mille.

L’absence de stratégie politique claire de la part de Paris était d’abord illustrée par la cacophonie des déclarations officielles. Elle l’était, surtout et plus durablement, par la difficulté d’accompagner une campagne militaire réussie dans ses premiers mois avec une réforme de l’Etat malien seule apte à répondre aux véritables défis sous-jacents.