Gouvernance

Identités et gouvernance en Afrique

Dans ce cahier du Mapinduzin 3 Les questionnements suivants ont été mis en avant: ◆ Comment gérer au mieux la virtualité de l’identité ethnique face aux identités irréductibles ?◆ Comment articuler les identités dans l’identité de l’Etat-Nation ? ◆ Quelles réponses trouver aux identités émergentes (Jeunes urbains, métis- sage, nouveaux villages) ? ◆ Comment traduire une vision africaine de la gouvernance dans un monde globalisé ? ◆ Quelle place accorder aux techniques d’information et de communication dans la construction d’une culture nationale consensuelle ? ◆ Comment faire des langues nationales des vecteurs d’intégration nationale et/ou régionale ? ◆ Comment faire émerger la conscience de la chose publique ? ◆ La terre n’est traditionnellement pas un bien marchand. Qu’est ce qui fait que cette situation se répand de plus en plus ? ◆ Nos cultures sont de plus en plus confrontées à une culture mondialisée. Quelles en sont les conséquences pour la gestion de la chose publique ? ◆ « La main qui donne est au dessus de celle qui reçoit » : l’approche d’appui aux actions de développement n’est-elle pas en cause ?  ◆ L’offre publique du service de sécurité est défaillante – Comment faire la réforme du secteur de la sécurité en respectant les valeurs de citoyenneté ? ◆ Les politiques de sécurité dans la perspective d’intégration et de coopération régionale – Comment créer des politiques qui tiennent compte de cela, en lien avec les nouveaux phénomènes de cyber-criminalité et criminalité interrégionale ?

Trois grandes conclusions qui constituent en même temps des champs de recherche et d’action se sont dégagées des débats :

1. La non fonctionnalité et la déliquescence de l’Etat sont des facteurs essentiels de l’exacerbation des conflits identitaires

◆ Les systèmes de gouvernance importés et hérités de la colonisation ont échoué. ◆ Les formes traditionnelles de gouvernance : ne pas les mystifier ni les momifier. ◆ Ne pas chercher des modèles dans le passé, ni à l’étranger : il faut donc innover (bricoler) à partir de tout ce qui est à notre disposition. ◆ L’absence de politiques appropriées de gestion des ressources crée des conflits souvent définis comme identitaires.◆ Un travail de réforme et de professionnalisation au niveau des services de l’Etat s’impose.

2. Il faut partir des réalités complexes et multiples :

◆ D’abord les connaître et les analyser (en acceptant ce qui nous irrite). ◆ Prendre en compte les redevabilités multiples et les légitimités diverses. ◆ Travailler sur les relations entre les décideurs, les institutions et les populations. ◆ Prendre en compte les spiritualités multiples et les mimétismes déclenchés par les importations de tous genres.

3. Nous voulons construire une citoyenneté à partir de nos identités multiples

◆ Travailler sur les métissages et les racines (reconnaître les nouveaux repères : Urbains, nouveaux villages…) ◆ Quelles implosions pour une défragmentation des sociétés ? ◆ Nation ou communauté de destin ? ◆ Identifier des éléments de mobilisation des populations par rapport à l’appartenance à un espace, à une communauté, à un Etat.