Gouvernance

De l’ingouvernabilité aux aspirations concurrentes : l’Etat Malien pris à partie

La construction de l’Etat en Afrique au lendemain des indépendances, procède d’une

« greffe » exogène, ou encore d’un « mimétisme » de l’Etat occidental. Dominique Darbon

souligne à cet effet, que l’une des tares congénitales de la construction de l’Etat dans les

« pays pauvres », est celle de la perception de l’Etat liée à sa capacité de régulation, de

direction, de gestion ou d’anticipation des modes d’organisation politique et social, alors que

ces Etats ne disposeraient pas de capacités requises (Dominique Darbon 2008 :148).

Depuis leur accession à l’indépendance majoritairement acquise dans les années 1960, c’est

l’ensemble des États ouest-africains qui sont dans des situations de fragilité permanente. Cette

situation des Etats ouest-africains se caractérise notamment par : des coups d’Etats « à

répétition », les rebellions liées aux revendications indépendantistes à l’intérieur des pays, la

contestation de la régularité des élections débouchant sur des crises postélectorales, la mal

gouvernance dans les secteurs liés aux services publics de base, etc.

La crise malienne de 2012 est révélatrice de la défaillance de l’Etat. L’analyse de cette crise

offre plusieurs points de vues non moins pertinentes les unes faces aux autres. Dans ce texte,

nous aborderons i) la problématique de la construction de l’Etat malien et les facteurs

d’ingouvernabilité ayant provoqués « l’accélération de la crise », ii) les revendications

conflictuelles et concurrentes de l’intérieur, iii) les disputes liées à la présence des forces

armées étrangères, et enfin iv) nous formulerons des suggestions dans la perspective de la

refondation de l’Etat et de la lutte contre les menaces sécuritaires.