Gouvernance

La conquête du pouvoir au Mali par les jeunes au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012

L’ouverture démocratique au Mali à la faveur de la révolution populaire de

mars 1991 a été l’oeuvre conjuguée de plusieurs acteurs dont celui de la

jeunesse malienne à travers les mouvements associatifs estudiantins. Près de

vingt ans après, le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 a été perpétré par

de jeunes officiers de rang, en manifestation à la gestion de la crise

sécuritaire qui sévissait alors dans le nord du pays. L’analyse des

manifestations – spontanées – de soutien aux auteurs du coup d’Etat a

montré une exaspération généralisée, une aspiration à un changement global

de gouvernance du pays. Il faut en effet, souligner que plus de vingt ans

après son entrée en démocratie, le Mali a fait l’amère expérience de

fractures profondes dues à une corruption généralisée, au clientélisme

politique, à la dilapidation à grande échelle des maigres ressources de l’État,

à la gestion présidentialiste désastreuse du pouvoir.

Ce texte pose la problématique de l’accès au pouvoir par les jeunes au Mali,

au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012. A cet effet, il s’est agi

d’appréhender le processus d’idéologisation de l’alternative et les stratégies

de conquête du pouvoir par les jeunes. Ce travail a été basé sur l’observation

de la scène politique malienne ces dernières années, sur la conduite

d’entretiens semi-directifs. Mais, plus que toutes autres sources, c’est

l’analyse des contenus de la presse écrite nationale (privée et publique) qui

montre clairement un processus de conceptualisation idéologique et le

positionnement de plus en plus audacieux des acteurs jeunes face aux

« ainés politiques ».