Sécurité

Etat et Sécurité en Afrique

Ce texte de Bangoura est une étude de l’évolution de la sécurité depuis les indépendances de l’Etat post colonial en Afrique dans sa fonction de production de ce service. Sa thèse est que si l’Etat dans sa conception wébérienne est détenteur du monopole de la violence légitime au service de la paix et de la sécurité cela n’est pas le cas pour l’Etat post colonial en Afrique qui est demeuré facteur de violence et d’insécurité. Plusieurs causes ou choix pour lui, traduisent cette déviance de l’Etat post colonial en tant que première source de violence et d’insécurité. De ces causes donc, ont émergées, des conséquences d’une violence contre l’Etat entrainant la démonopolisation de la violence d’Etat et la démultiplication des sources d’insécurité qui ont ébranlé l’érection d’un Etat de droit respecté en Afrique.

En effet la première source de l’Etat post colonial en tant facteur de violence et d’insécurité tient du fait que par mimétisme les forces armées et de sécurité en Afrique dès les indépendances se sont constituées sur les legs de la colonisation. Du coup, elles n’ont fait que reproduire le modèle colonial de répression et d’oppression des peuples. La seconde source est liée aux régimes politiques africains qui ont fait des armées des alliées et des instruments pour asseoir et durcir leur pourvoir. Etant incapable de proposer des formes de gouvernement tenant compte des pluralités sociologiques et territoriales, ces régimes procèdent par violence pour atteindre leur fin. Il s’en suit l’émergence des partis uniques et la personnalisation du pouvoir entrainant le mensonge d’Etat et la monopolisation du pouvoir économique entrainant une rupture entre l’Etat et la société. Cette rupture se manifeste par l’insécurité économique, la privation des masses de toute liberté d’initiatives.

Enfin pour l’auteur vue la démonopolisation de l’Etat, son incapacité à satisfaire les besoins de sécurité, la multiplication des sources d’insécurité amènent les populations africaines à inventer au quotidien des formes informelles pour se sécuriser telles que :

o La sécurité physique : les groupes d’auto défense

o Les sociétés privées de gardiennage : pour la sécurité des commerces etc.

o La sécurité religieuse : la protection collective dans les confréries.